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.DR JAMES COX, DOCTEUR EN CHIROPRATIQUE, INVENTEUR DE LA flexion-distraction DÉCOMPRESSION

La méthode Cox®

 

Photo de James Cox, D.C., D.A.C.B.R., fondateur de la méthode Cox®.

Le Dr James Cox® est chiropraticien et spécialisé en radiologie. Il est l'innovateur et l'inventeur de la technique Cox® de flexion-distraction. Il est impliqué dans la recherche chiropratique, en particulier dans des projets fédéraux américains en collaboration avec le National University of Health Sciences (Illinois), le Palmer College of Chiropractic Research Center, le Loyola-Stritch School of Medecine, et des Universités d'Illinois et d’Iowa, etc. Il est aussi membre de la formation post-universitaire du National University of Health Sciences et un interlocuteur privilégié pour un grand nombre de chiropraticiens au travers de séminaires, ou dans le cadre d'associations ou d'institutions chiropratiques du monde entier. Aujourd'hui, il dirige sa clinique de Fort Wayne dans l’Indiana tout en étant particulièrement motivé par l'apprentissage et le partage de sa technique avec ses confrères qui désirent progresser dans le traitement de leurs patients. Il a participé en 1990 avec Scott Haldeman, DC, PhD, MD, à l'élaboration de la deuxième édition du livre « Principes et pratique de la chiropratique » dans lequel un chapitre entier fut consacré à son travail. Il a aussi écrit un livre intitulé « Mal de dos, mécanismes, diagnostics et traitements » dont la meilleure référence actuelle est la sixième édition de 1999 publiée par Lippincott Williams et Wilkins. 

Commentaires sur la technique de flexion-distraction 

• Tom Bergmann, DC, éditeur de la revue « Chiropratic Technique », écrit qu’avec les techniques d'ajustement chiropratique qui sont les plus employées « seule la flexion-distraction a été décrite et étudiée d'une manière substantielle dans de nombreux articles et revue spécialisés ». 
•Le Mercy Center Consensus Conference affirma que la flexion-distraction est une procédure chiropratique standard et utilisée à grande échelle. Il y a actuellement un accord général dans la littérature médicale pour dire que cette technique repose sur des bases mécaniques et physiologiques rationnelles lorsqu'elle est utilisée de manière appropriée dans le cadre de traitement de troubles neuromusculo-squelettiques. 

Que se passe-t-il pendant le traitement ?


Photo de James Cox, D.C., D.A.C.B.R., fondateur de la méthode Cox® démonstration d'un traitement lombaire. 

Les techniques lombaires : après un examen complet qui permet aux praticiens de déterminer la nature de l'atteinte vertébrale à traiter, le patient est allongé sur la table, le but étant d'entraîner une traction de la colonne lombaire à la fois locale, tout en mobilisant le segment. Dans cette perspective, des mouvements de bas en haut , des mouvements latéraux ou bien des mouvements circulaires sont induits par le praticien (flexion et extension). Tous ces mouvements s'effectuent très lentement. 

Photo de James Cox, D.C., D.A.C.B.R., fondateur de la méthode Cox® démonstration d'un traitement lombaire - position décubitus.

Dans certains cas, le praticien maintient les épineuses du dos avec sa main de manière à isoler le segment vertébral traité. Une partie de la traction est appliquée manuellement par le praticien à la partie inférieure du dos d'une manière indolore. Avant d'entamer ce traitement, des tests de tolérance sont appliqués, de telle manière à ce que le patient supporte le traitement. 

Photo de James Cox, D.C., D.A.C.B.R., fondateur de la méthode Cox® démonstration d'un traitement cervicale.

Le traitement cervical : le patient est allongé à plat ventre sur la partie céphalique de la table, dont la technologie permet la traction et la mobilisation segmentaire du rachis cervical. 

Photo de James Cox, D.C., D.A.C.B.R., fondateur de la méthode Cox® démonstration d'un traitement cervicale - plan raproché.

De la même manière, le praticien maintiendra l'épineuse de la vertèbre qu'il doit traiter, et effectuera une mobilisation dans les sens appropriés. 

Où avez vous effectué vos études de chiropratiques ?

Je suis diplômé du National College of Chiropractic of Chicago ( Lombard) aujourd'hui appelé National University of Health Sciences

Pourquoi avoir choisi ces études ?

Depuis l'enfance, je voulais être Docteur. J'ai été le témoin de la grande efficacité et de la gentillesse du praticien qui soignait ma mère, et j’ai décidé à l'âge de neuf ans de devenir Docteur. Un hasard de la vie fut que mon beau-père était à la fois ostéopathe et chiropraticien. Il m'a recommandé à l'époque de faire un choix définitif entre ces 2 professions. J'ai donc choisi initialement de devenir cardiologue, jusqu'au moment où un patient se rendit aux urgences de l'hôpital de Saint-Joseph où je travaillais comme aide-soignant, avant d'entrer en phase préparatoire. Ce patient souffrait de troubles cardiaques et ne parvenait pas à les contrôler. Je lui demandais alors ce qu'il comptait faire. Il me répondit alors qu’il irait voir un chiropraticien à la sortie de l’hôpital. Je fus surpris et lui demandais quelle personne il comptait consulter. Il me répondit le Dr Rodman. Le jour suivant, je revenais au travail avec mon beau-père ; le patient était là, et mon beau-père l'aida. Je fus réellement impressionné et pris la décision à ce moment-là d'étudier la chiropratique, car il y avait encore « beaucoup à faire » en ce temps-là.

Pourquoi avez-vous fait une spécialité en radiologie et en quoi vous a t’elle aidé dans le développement de la flexion-distraction ?

Après avoir été diplômé du National College of Chiropractic of Chicago en 1963, alors que je commençais mon clinicat avec le Dr Rodman, je fus animé d'un fort désir de continuer à étudier plus à fond la médecine chiropratique. En ce temps là, la seule spécialisation qui existait était la radiologie, et c'est la raison pour laquelle j'entrepris ces études entre 1967 et 1971 et obtint cette spécialité en 1971 (DACBR). 


C'est au cours de cette formation complémentaire que mon intérêt se développa dans le traitement de la pathologie lombaire. Le Dr Joseph Howe, DC diplômé en radiologie, était à la fois mon mentor et mon instructeur, et me poussa à écrire 10 rapports de cas sur la sciatique que j'avais traitée au cours de mon apprentissage. Ce fut alors le début des publications et rapports professionnels de mes soins/traitements, en rapport avec le mal de dos.


II Interview (French/English, first part)
Cette première partie sera consacrée à Cox® lui-même, sa vie, sa motivation, les origines de sa méthode, les résultats thérapeutiques issus des recherches fédérales américaines, et enfin la manière dont il a élaboré toute sa procédure de soin. 

Interview Proposed by Karl Vincent DC 
Member of the French Chiropractic Institute 
Editor of www.vertebre.com Certified in Cox® Decompression Adjustment & Manipulation Technique 

Est-il vrai que la « flexion-distraction » partage son origine avec l’ostéopathie ?

Cox's research : http://www.coxtechnic.com/ 

Absolument. Ainsi que je l'ai précisé, mon beau-père était un ostéopathe. Après ma graduation au Collège National de Chicago, je suis retourné à Fort Wayne dans l'Indiana, débutant ma pratique professionnelle avec le Dr Rodman. Peu de temps après, une jeune femme se rendit dans mon cabinet. Elle était atteinte d'une douleur lombaire sévère avec attitude antalgique. J'ai tenté d'appliquer les soins/traitements chiropratiques standards avec en particulier le « lombar all » (manipulation lombaire en décubitus latéral). Ainsi qu'il était suggéré à l'époque en médecine, le disque intervertébral n’était pas supposé recevoir d'innervation et ne pouvait être douloureux. Évidemment, nous savons aujourd'hui que ces observations sont fausses. Le disque est la structure lombaire la plus sensitive. Indépendamment de tout cela, j'ai appliqué mon traitement. Malheureusement, elle hurla et quant à moi, je fus très perturbé. Sa famille la fit hospitaliser et une intervention chirurgicale fut effectuée le jour suivant, pour rupture discale. Mon père me dit alors, « Mon fils, considère-toi toujours en apprentissage ». J'étais d'accord sur le fait qu'il me fallait trouver un meilleur moyen de traitement que cela. 

Comment l’avez-vous découverte et qu’est ce qui vous a poussé à la développer ?

Le point suivant est de savoir pourquoi j’ai choisi d'étudier et de me spécialiser dans le traitement du mal de dos. J'ai commencé à me spécialiser dans le mal de dos et la sciatique en 1963, puis sont venus le cou et les douleurs radiculaires en 1984 ; et ce, pour les raisons suivantes : après avoir été diplômé en 1963 et major de promotion, je me suis installé en tant que praticien libéral en clinique avec mon père.

Je parlais toujours à l'époque de mon choc concernant la patiente que j'avais blessée, et qui eut recours à un traitement chirurgical.

Nous ne connaissions pas bien encore les hernies discales et leurs symptomatologies, et ce fut la raison pour laquelle je n'avais pas reconnu cette hernie discale médiane. J'ai vite réalisé à la fin des années 60 que je n’étais pas le seul chiropraticien à avoir eu des problèmes avec des patients atteints de radiculopathie sciatique.

L'une des causes majeures de faute professionnelle chiropratique actuelle concerne toujours la sciatique par hernie discale, causée ou aggravée par des manipulations en décubitus latéral. 
Alors que j'étudiais les techniques d’ostéopathie, je me sentis concerné par les techniques de distractions et de mobilisations appliquées à la colonne vertébrale. Les textes ostéopathiques discutaient de la sciatique en rapport avec les hernies discales, et présentaient des techniques d'ajustement avec longs bras de levier, contrairement aux techniques chiropratiques employant des bras de leviers courts. Je me rappelle aussi de mon responsable d'enseignement au Collège National Chiropratique de Chicago durant mon internat, dont le nom était Floyd Blackmore, DO. Je me souviens qu'il positionnait certains patients atteints de mal de dos sévère sur une table spéciale, au début de leurs soins/traitements dans la clinique réservée aux étudiants, jusqu'à ce que la phase aiguë passe. Il poursuivait ensuite avec les internes, employant un traitement chiropratique traditionnel. La table qu'il utilisait était différente de ce que j’avais l'habitude de voir, et plus tard j’appris qu'il s'agissait de la table ostéopathique de McManis. Après mes difficultés dans le traitement de la sciatique, j'ai donc commencé à étudier les livres d'ostéopathie et les techniques de McManis. L'idée m'est est donc alors venue de mélanger les différents concepts, en particulier l'approche qui consistait à utiliser de longs bras levier. Cette base m'amena progressivement à introduire de la distraction sur les segments intervertébraux et des mouvements respectant l'amplitude physiologique appelés mobilisations. 

Progressivement, ce mariage des deux concepts évolua vers une issue clinique personnelle, que j'appliquais aux patients atteints de radiculalgie. Ce sont les patients atteints de sténose qui représentent le défi le plus important pour un praticien, qu'elle soit secondaire à une hernie discale, un processus dégénératif ou d'autres pathologies comme une hypertrophie des plateaux vertébraux, une arthrose facettaire, une hypertrophie du ligament jaune, un raccourcissement des pédicules ou une combinaison de ces facteurs. L'amélioration clinique que je constatais représentait pour moi une véritable motivation pour écrire, et développer des techniques pour traiter les atteintes vertébrales sévères, les atteintes radiculaires ainsi que pour initier des projets de recherche. Voici quelques projets et programmes fédéraux menés par Ram Guduvalli, docteur en sciences, issu du Collège National des Sciences de la Santé, de l'Université Palmer, de l'Université d’Iowa : 

1. Biomechanics of Low Back Flexion Therapy 
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration 
Grant # 18 AH 10001 001 A1 
A collaborative study of the following institutions: National University of Health Sciences, Loyola Stritch School of Medicine, University of Illinois, Auburn University 

2. flexion-distraction Decompression vs Non – Operative Medical Care of Chronic Low Back Pain 
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration 
Grant # 2 R18 – AH – 10001 - 04 
A collaborative study with National University of Health Sciences, Loyola Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, Inc 

3. Chiropractic vs. Medical Care for Chronic Neck Pain 
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration 
Grant # 1 R1 8HP 10011 – 01 
A collaborative study with National University of Health Sciences, Palmer Center for Chiropractic Research, Loyola Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, Inc 

4. Comparison of Side Posture Adjustment, flexion-distraction Decompression Manipulation, and Medical Care for Low Back Pain. 
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration 
A collaborative study with Palmer Center for Chiropractic Research, National University of Health Sciences, and the University of Iowa 

Quelles sont les motivations qui vous ont menées à un tel engagement dans la recherche vertébrale ?

Ma motivation première est liée à cet accident avec la jeune femme souffrant de hernie discale, ainsi que je le signalais précédemment. Plus important encore, il faut rappeler que 94% des manipulations sont pratiquées par les chiropraticiens aux États-Unis, et la moitié des personnes atteintes pour la première fois de mal de dos ou des membres verront un chiropraticien. 60% des souffrances vertébrales sont traitées par des médecins, et 40% par les chiropraticiens, ainsi que mentionné par Saal dans le journal Spine de 1997. Il s’agit d’une responsabilité majeure qui nécessite des programmes de recherches dans nos institutions, dans le but de développer et de découvrir les techniques manipulatives les plus efficaces pour les patients. D’autre part, il faut rappeler que le mal de dos représente l’affection la plus traitée entre 20 et 50 ans et qu’à peu près une personne sur deux aura un épisode vertébral douloureux une fois par an. Ceci coûte beaucoup d’argent, ¼ des patients malades absorbe 95% de ces dépenses dans la pathologie vertébrale commune. En 1998, Luo a écrit dans le journal Spine 29(1) que le montant total lié au mal de dos aux États-Unis atteignait 90.7 milliards de dollars ainsi que 26 milliards de dollars en coûts annexes. Carey écrit aussi qu'environ un quart des patients absorbe 95 % du coût concernant le mal de dos. Ces patients représentent en fait des atteintes de lombalgie chronique avec hernie discale, ou d'autres pathologies sténosantes. C'est sur ce quart de patients que la chiropratique doit accentuer sa recherche pour améliorer sa méthode de traitement. C'est ma motivation. La profession, actuellement, traite en priorité les 75 % de patients qui n'absorbent que 5 % des dépenses. La chiropratique doit aider cette minorité « coûteuse » et ces souffrances humaines. Il faut également garder à l'esprit que si mes protocoles permettent d'améliorer la santé du 1/4 des patients représentant 95% des coûts, elles permettent également d'améliorer cliniquement avec de bons résultats les trois quarts des patients représentant 5% des coûts. 

Cette procédure est associée à l’idée qu’il s‘agit avant tout d’une technique de traction. Est-ce vrai ?

Oui. Permettez-moi de définir mon idée de la flexion-distraction contre la traction. La traction est l’application d’un vecteur de force longitudinale sur la colonne vertébrale, comme c’est la cas avec les ceintures lombaires accompagnées d’un moteur électrique de traction. À la différence, la flexion-distraction consiste à appliquer un vecteur de force sur un segment spécifique, et non pas sur toute la colonne vertébrale. La distraction est induite spécifiquement par le chiropraticien en contactant l’arche postérieure et l’épineuse à un niveau segmentaire, tout en la stabilisant et en appliquant une force de traction reliée par la partie caudale ou céphalique de la table. 

Elle est aussi qualifiée de « technique manipulative Cox® de décompression ». Comment définiriez-vous cette procédure ?

La technique Cox® de décompression se définit comme une force vectorielle spécifique longitudinale, entraînée par un contact sur l’épineuse d’un segment donné, tout en le stabilisant et en appliquant une force de traction reliée par la partie caudale ou céphalique de la table. Cela crée un mouvement de pompe sur le disque intervertébral et entraîne les effets suivants : 
1. Augmentation de l’espace discal avec diminution des tensions sur l’anneau fibreux et le nerf rachidien par augmentation du diamètre du trou de conjugaison et amélioration de la circulation locale. 
2. Chute de la pression intradiscale de + 25 mm Hg à –39 mmHg/-192mm Hg dans le nucleus pulposus. 
3. Le volume du trou de conjugaison augmente dans une proportion de 28%. 
4. Restauration des amplitudes de mouvements dans les articulaires postérieures par mobilisation + traction concomitante. 

Cette procédure que j’ai innovée s’est donc élaborée au travers d’un mariage de techniques chiropratiques et de principes ostéopathiques mis en avant par Alan Stoddard, DO, dans son livre « Manual of Osteopathic Technique» écrit à partir d’une technique élaborée initialement par McManis, au début des année 1900. Il s’agit d’une procédure manipulative douce, non forcée. Depuis la mise en place de ma technique, je n’ai cessé de l’améliorer à l’aide d’un matériel me permettant d’intégrer tous les aspects de la procédure d’ajustement. Aujourd’hui, des ingénieurs et des chercheurs contribuent à une meilleure connaissance de mon travail, en particulier par des programmes de recherches fédéraux dont nous parlerons plus loin. 

Recherches de Cox® (Cox's research) : http://www.coxtechnic.com/ 

 

Peut-on dire que cette technique associe trois composantes principales une traction (1) segmentaire (2) combinée à la mobilisation (3) ?

Absolument. Ainsi que décrit plus haut, je commence par appliquer une force de traction longitudinale afin d’augmenter l’interespace discal, diminuer la pression intradiscale et augmenter le volume du trou de conjugaison. A partir de cet état de décompression, les facettes sont placées dans un mouvement d’amplitude physiologique, grâce à des mobilisations. La raison pour laquelle la mobilisation est appliquée sous décompression tient au fait que cette dernière ouvre les canaux rétrécis de manière manifeste. Pendant cette ouverture, les articulaires postérieures ont beaucoup moins de chance d’entraîner une compression des éléments nerveux.

Quelles sont les indications pour lesquelles la flexion-distraction apportent plus de bénéfices que la manipulation ? 

Ainsi que je le mentionnais dans une question précédente, un certain nombre de patients atteints par des pathologies vertébrales variées ne peuvent tolérer un traitement par manipulation avec impulsion. Il s'agit avant tout de discarthrose évoluée, d'arthrose facettaire, de sténoses, d'ostéoporose avec ou sans fracture par compression, des blocs vertébraux congénitaux ou acquis, d'hyperostose diffuse idiopathique, de spondylarthrite ankylosante, ou de colonne vertébrale normale qui, quelle que soit la raison, ne peuvent supporter des manipulations classiques. 

Je voudrais citer une recherche récente qui comparait mon travail à la kinésithérapie dans le cadre de lombalgie chronique. Ce papier fut transmis par Guduvalli et Coll à la « Société Internationale d'Etudes de la Colonne lombaire » en juin 2004, au Portugal. Cet article fait en collaboration avec l'Université des Sciences de la Santé, l'Université Palmer, l'Université Médicale de Loyola, la kinésithérapie d’Orthosport et l'hôpital de Hines VA. Les patients atteints de lombalgie de plus de trois mois ont été traités soit par flexion-distraction, soit par des exercices thérapeutiques de manière randomisée. Les deux groupes ont obtenu une amélioration significative de la douleur, bien que la flexion-distraction donna un meilleur résultat sur la douleur. Plus précisément, les patients chroniques atteints de symptômes modérés ou sévères ont eu une amélioration supérieure avec ma technique, alors que les patients atteints de douleurs récurrentes, de modérées à sévères , eurent une amélioration supérieure avec des exercices thérapeutiques. Une autre découverte d'intérêt majeur concernait les patients atteints de radiculopathie dont le soulagement était largement supérieur avec la flexion-distraction qu'avec les exercices. Il s’agissait d’une recherche fédérale en rapport avec les services d'administration et de ressources de la santé (Grant # R18 AH 10001). 

Quel est sur un plan physiologique la différence avec les ajustements ou manipulations classiques ?

La technique Cox® de décompression est une procédure manipulative douce, à long bras de levier, avec distraction longitudinale des segments intervertébraux. Les manipulations de hautes vélocités et de courtes amplitudes (HVLA) sont des techniques impulsives avec des bras de leviers courts. Les 2 techniques visent à rééquilibrer les segments vertébraux adjacents dans un état biomécanique physiologique. Malgré tout, un certain nombre de patients atteints d’ostéoporose, de discarthrose évoluée, d’ankylose, d’arthrose facettaire, d’hyperostose diffuse idiopathique (DISH), de collagénose, de polyarthrite rhumatoïde, de fracture par tassement, de spondylarthrite ankylosante sont des patients pour lesquels les techniques de HVLA ne peuvent être pratiquées, mais qui recherchent tout de même des soins/traitements chiropratiques. D’autre part, les chiropraticiens américains sont confrontés à la vague de patients dit de « baby boomer » des années 46 à 64 ; de plus ces personnes sont souvent atteintes des pathologies précédemment citées. Ils veulent être ajustés, mais non pas avec des techniques impulsives à court bras de levier. Dans ce cas, les techniques de flexion-distraction sont appropriées.

Que dire du phénomène de cavitation ? Est-il indispensable pour une manipulation réussie ? Non. Regardez la recherche de Hurwitz issue du Journal JMPT 27(1) de janvier 2004 intitulé : « Réactions adverses aux traitements chiropratiques et effets sur la satisfaction des patients cervicalgiques (UCLA neck pain study) ». Dans ce papier issu de l’école publique et de l’université de Californie du sud UCLA, 960 patients présélectionnés atteints de cervicalgie et de maux de tête furent choisis en aveugle soit pour un traitement par manipulation avec impulsion, soit par mobilisations. 85 patients rapportèrent un total de 212 effets secondaires. Il fut observé 120 effets secondaires chez 48 patients traités par manipulation avec impulsion, et 92 effets secondaires chez 37 patients mobilisés. L’augmentation de la douleur et des maux de têtes étaient les effets les plus couramment rapportés, puis la fatigue, des irradiations douloureuses et des vertiges. Ceci semble indiquer que les techniques cervicales avec impulsion montrent un risque plus élevé de complications mineures, par rapport à l’utilisation des mobilisations qui pourrait prévenir des risques plus sérieux, tel qu’un accident vertébro-basilaire. Les symptômes associés à une insuffisance vertébro-basilaire sont les vertiges, les nausées, les vomissements, l’altération de la vue, or ce sont ceux qui ont été retrouvés dans cette étude randomisée après manipulation. Ces symptômes fréquemment associés aux accidents vertébraux basilaires, après manipulation cervicale, apparaissent en général dans un délai de 24h après le traitement. En résumé, Hurwitz et Coll affirment « que les risques de réactions sont plus importants après manipulation qu’après mobilisation. Les chiropraticiens peuvent donc réduire le risque iatrogène et la satisfaction du patient, voire même les résultats cliniques en mobilisant plutôt qu’en manipulant le cou de leur patient » . Ce papier corrobore mes conclusions et résultats cliniques. 

Une autre question est souvent posée: le craquement est-il nécessaire pour réussir le traitement ? Flynn et Coll ont écrit un article intitulé, « Le craquement articulaire n’est pas nécessaire pour un traitement réussi utilisant les techniques de haute vélocité et de faibles amplitudes chez les individus souffrant de mal de dos ». Ceci fut publié dans Arch of Phys Med and Rehabil 2003 Jul;84(7). Cette étude fut écrite au Texas (US Army-Baylor University Graduate Program in Physical Therapy at San Houston). 71 patients atteints de lombalgie commune (sans radiculalgie) furent traités par manipulation de la région sacro-iliaque avec craquements. Il n’y avait aucun rapport entre le craquement et le gain d’amplitude de mouvement, la douleur et les incapacités. De plus, la présence du craquement n’augmenta pas les chances d’amélioration par traitement manipulatif.

La flexion-distraction est une technique qui nécessite l’emploi de table spécifique. Quelles sont les particularités techniques de ces tables que vous avez créées ? 

Cox's table : http://www.coxtable.com/ 

En 1973, j'ai proposé la première table de flexion-distraction. Elle avait été fabriquée et distribuée par la Société Chiro-Manis en collaboration avec Jim Barnes, un ingénieur. En 1984, la Compagnie Williams développa la table Zenith Cox. Puis en 2000, partant du constat qu'il fallait faire évoluer cette table en rapport avec les dernières recherches et du manque d'intérêt de cette compagnie, je me suis engagé auprès d'une nouvelle équipe d'ingénieurs, afin d'élaborer des changements appropriés, et nous avons créé la table Cox® avec l'entreprise « distraction LLC ». Le succès de cette septième génération de table fut commémoré à la « corporation Track » qui prit en charge la distribution à partir de juillet 2004. 

Dans cette dernière génération de table Cox® produite par « corporation track », j'ai incorporé des éléments de sécurité (boutons d'arrêt pour le patient, boutons d'arrêt en descente de la colonne vertébrale, bouton antidouleur si celle-ci apparaît pendant le traitement) ainsi que des éléments utiles, comme le contrôle de l'élévation de la table, la tension des ajustements, un bouton de contrôle au doigt de la traction axiale) qui se retrouvent tous sur la barre de contrôle tenue par la main du praticien ; il existe aussi un contrôle au pied de la distraction et des éléments de confort pour le patient, ainsi que pour l'ergonomie du patricien, notamment pour éviter un éventuel syndrome du canal carpien ou des douleurs dans le bras. 

La table Cox® : http://www.coxtable.com/ 

Aujourd’hui, un grand nombre de chiropraticiens aux États-Unis et dans le monde utilisent cette procédure de soin. Pourriez-vous nous dire avec exactitude quelle est la proportion de cette utilisation et la raison de ce succès ?

Un rapport issu du National Board of Chiropractic Examiners (NBCE) en 1993 montrait que 53 % des chiropraticiens américains utilisaient la flexion-distraction. Une mise à jour de ce même comité datant de 2000 rapporte que 60 % des chiropraticiens utilisent désormais cette technique dans leur pratique quotidienne. Je voudrais tout de même expliquer qu'il y a une différence notable, entre le fait d'utiliser une technique, et d'être compétent dans cette utilisation. Une grande partie de ma responsabilité est d'entraîner les praticiens dans l'application de mon travail. 

Mon sentiment est que la flexion-distraction est utilisée parce que la recherche et la science montrent des résultats significatifs et une grande sécurité. Il existe en plus des résultats thérapeutiques fiables dans des atteintes vertébrales spécifiques. Les chiropraticiens utilisent cette technique de soin dans le but de soigner les patients qui recherchent des techniques douces et qui sont atteints des pathologies dont je parlais précédemment. De la même manière, les chiropraticiens considèrent cette technique comme ergonomique, minimisant le stress lié à leur activité, tout en augmentant leur longévité professionnelle. 

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Comment les chiropraticiens sont-ils formés à cette technique ? 

A l’heure actuelle, il y a environ 1500 praticiens certifiés dans le monde. Il y a une liste sur le site suivant : www.coxtechnic.com/referrals.html. Ces chiropraticiens ont fait un effort pour venir compléter un programme de certification et passer un examen à l'Université Nationale des Sciences de la Santé (NCC, Chicago) afin d'affirmer leur compétence dans l'emploi de cette procédure. 36 heures de cours sont nécessaires à l'étude des mécanismes et du diagnostic des différentes pathologies vertébrales, ainsi que les techniques de soin, et sont obligatoires avant de passer l'examen. Cet enseignement se fait sur deux week-ends de 18 heures chacun. Le premier week-end s'effectue chez moi à Fort Wayne en Indiana, où je présente 15 à 20 patients atteints de pathologies, comme des hernies discales, des sténoses vertébrales, des myélopathies, des atteintes discales dégénératives, des anomalies transitionnelles, des spondylolisthésis, des scolioses et d'autres pathologies comme l'hyperostose diffuse idiopathique, des tumeurs, la maladie de Scheurmann et bien d'autres. Cette première partie correspond à l'étude d'un livre dans un environnement clinique. Beaucoup de chiropraticiens disent qu'il s'agit d'un des meilleurs séminaires qu'ils ont effectué, et certains ont affirmé avoir encore plus appris au cours de cette formation pratique que tout au long de leurs études. La seconde partie se passe à l'Université Nationale des Sciences de la Santé ou des enseignants spécialisés en flexion-distraction entraînent des élèves à cette technique 50 % de leur temps. 
Cette formation assure aux praticiens et aux patients un niveau d'éducation standard dans l’application de cette procédure de soin. Ceci est à la base d'un rapport de confiance entre chiropraticiens et patients dans le cadre de la prise en charge de leur santé, entre des mains compétentes. 

Pourrait-on dire que votre travail ne consiste pas en une simple description d’une technique de soin, mais plutôt en une approche globale biomécanique, pathologique et psychologique du mal de dos ? 

Mon travail n'est pas simplement l'application d'une technique. Il s'agit d'une compréhension globale du mécanisme, du diagnostic et du traitement du mal de dos.

Mon livre couvre la biomécanique de la colonne lombaire, ainsi que les effets du processus dégénératif sur le complexe intervertébral. La neurophysiologie de la compression radiculaire, l'inflammation des racines et du ganglion spinal doivent être compris pour étudier les radiculopathies. Les chiropraticiens doivent être capables de diagnostiquer les pathologies qui contre-indiquent mes traitements, et à l'inverse, diagnostiquer les atteintes qui répondent bien à cette procédure. À partir de là, un traitement adapté peut être mis en place. En fait, mon livre est un traité complet du mécanisme du diagnostic et du traitement du mal de dos. C'est en fait le nom du livre. Je ne vais pas tarder à publier un autre livre durant l'année en cours sur les désordres cervicaux, analogue à celui sur les lombaires

Oui, chaque patient qui vient pour se faire traiter apporte avec lui/elle une histoire où la colonne vertébrale a pu être traumatisée lors d' activités de la vie quotidienne, d'accident de la route ou de stress physique au travail. En tant que chiropraticiens, nous devons comprendre la biomécanique de la colonne vertébrale, reconnaître les divers symptômes de nombreuses pathologies, faire un diagnostic spécifique, et mettre en place le traitement adapté. Rappelons tout de même qu'un bon nombre d'atteintes vertébrales ne sont pas toujours soignées, mais contrôlées. Après qu'un patient ait été atteint par un processus discal dégénératif ou soit né avec une anomalie congénitale, elle/il aura toujours une limitation vertébrale. À travers l'école du dos, nous apprenons à nos patients à bouger de manière ergonomique, de façon à prévenir le mal de dos. Il est important que les patients suivent cette école du dos, pour comprendre quelle est leur atteinte, et les conditions nécessaires pour que le praticien et le patient obtiennent un soulagement maximum. 

Fin de la partie I/3. 

La seconde partie sera plus technique. Elle permettra de rentrer dans le détail et de comprendre quelle est la démarche diagnostique de ce chercheur et clinicien. Nous insisterons en particulier sur l'intérêt de la flexion distraction décompression sur la pathologie discale. Il nous donnera son avis sur tous les autres outils thérapeutiques utilisés dans la pathologie vertébrale commune, que ce soient les manipulations vertébrales, les exercices thérapeutiques, les injections cortisoniques et autres traitements.